La confédération paysanne de l'Ariège se félicite de l'adoption par les membres de la chambre d'agriculture de la motion qu'elle a présentée le 27 Avril.
Cependant, elle regrette que , François Toulis, Président de cette institution, mais aussi de la coopérative Synergie, ait fait réintroduire le fait de devoir obligatoirement adhérer à une organisation professionnelle (coopérative par ex) présent dans la loi proposée. C'est exclure de fait tous les éleveurs, nombreux dans notre département qui se sont orientés vers les filières courtes (vente directe, vente à des chevillards ou des bouchers) qui participent pourtant activement à la vie de la filière locale (abattoirs, entreprises de découpe, ...).
Ensuite, nous renouvelons le souhait que nos dirigeants départementaux de la FDSEA tiennent le même discours lorsqu'ils sont en représentation à la FNSEA et à Coop de France.
Enfin, nous invitons tous les éleveurs en capacité de produire des jeunes bovins à déposer un formulaire de demande d’aide auprès de la DDT accompagné d'une lettre type.
Pour la Confédération Paysanne
Les porte-paroles :
David Eychenne (06.47.65.08.33)
Sébastien Wyon
Foix, le 27/04/2012
Communiqué de presse :
La Confédération Paysanne dépose une motion à la Chambre d’Agriculture,
pour amener ses représentants à se prononcer sur cette aide
qu’elle juge discriminatoire !
Les représentants de la Confédération paysanne de l’Ariège vont faire part de leur mécontentement face au dispositif d’aide à l’engraissement de jeunes bovins, négocié par la branche spécialisée de la FNSEA (FNB et Coop de France) auprès le l’Europe, via le ministère de l’Agriculture. En effet, grâce à l’article 68 du bilan de santé de la PAC, chaque état peut faire le choix de répartir différemment jusqu’à 10% du volume d’aide total attribué.
Le choix qui a été fait par des représentants de paysans (au travers de la FNB et de Coop de France, dont nous avons d’éminents spécimens en Ariège), et non pas « de Bruxelles », élimine de ce dispositif d’aide de 60 €/JB âgé de 11 à 24 mois, les éleveurs produisant moins de 50 de ces animaux par an, soit la grande majorité. Autrement dit, il s’agit d’une aide réservée aux gros ateliers d’engraissement !
Un autre choix aurait pu être fait. Si, comme le prétend le président de la Chambre d’agriculture, il faut encourager les éleveurs à faire plus de valeur ajoutée, à produire pour la consommation locale (Les JB de 11 à 24 mois sont essentiellement destinés à l’export), alors il ne fallait pas pousser à exclure de cette aide ceux qui peuvent pratiquer ce type d’élevage, à savoir les naisseurs-engraisseurs de nos régions montagneuses et de coteaux notamment !
Enfin, il nous paraît discriminatoire et illogique au regard du droit européen de maîtriser une enveloppe d’aide par la mise en place de seuils et non de plafonds pour garantir à tous les éleveurs la possibilité d’en bénéficier.
C’est pourquoi, la Confédération paysanne demande à la Chambre d’agriculture de l’Ariège, dans l’intérêt des éleveurs, d’adopter une motion allant vers plus d’équité en supprimant le seuil(1) d’animaux minimum à produire et en le remplaçant par un plafond d’animaux primables par actif agricole.
Pour la Confédération Paysanne
Les porte-paroles :
David Eychenne (06.47.65.08.33)
Sébastien Wyon
(1) : Le seul seuil légal à ce jour est de disposer de 3 UGB pour ouvrir un droit à prime
Bagnolet, le 13 avril 2012
Dans une communication, le Groupement national interprofessionnel des semences et plants (Gnis) s’inquiète de la stagnation de la vente des semences certifiées. Les semenciers semblent vouloir dire que les céréaliers sont des ingrats car même avec un prix élevé des céréales, ils continuent de multiplier les semences à la ferme, semences dont même le Gnis semble reconnaître qu’elles offrent le même service.
Or, une enquête réalisée par ADquation (fin 2011) révèle que « le coût jugé élevé des semences certifiées est la principale raison, citée par les 507 agriculteurs interrogés dans le cadre d'une enquête à la fin de 2011 et au début de 2012, pour expliquer cette désaffection. Parmi les autres raisons, les agriculteurs estiment que la qualité de leurs semences de ferme est très proche de celle des semences certifiées », relève France Agricole.
La baisse de l’utilisation de semences certifiées pour la Confédération paysanne est une bonne nouvelle, elle témoigne de la vitalité du secteur du triage à façon et de la recherche d’autonomie semencière des paysans qui résistent aux sirènes de l’industrie semencière.
La loi votée le 28 novembre 2011, relative aux Certificats d’Obtention Végétale (COV) contribue aussi à cette évolution. Cette loi participe à la précarisation de l'activité agricole dans une période de crise et de fragilité économique en sacrifiant les paysans et notamment les éleveurs dont les revenus sont les plus bas, au profit de l’agro-industrie.
La sélection végétale ne doit pas relever uniquement de la recherche privée, il faut redévelopper la recherche et la sélection publiques. La sélection végétale ne doit pas être organisée sur la base unique d’un secteur marchand, les choix de critères de sélection doivent être effectués dans l’intérêt général.
Nous attendons du prochain gouvernement qu’il revienne sur ce sujet vital afin de préserver l’indépendance des paysans et la sécurité semencière et soutenir par la même la souveraineté alimentaire. Nous poursuivrons nos actions de désobéissance civile au cours du « printemps des semences paysannes et fermières sans OGM », il est temps d’abroger cette loi liberticide !
Contacts : Philippe Collin, porte-parole : 06 76 41 07 18 Jean-Pierre Fonbaustier, commission semences : 06 42 97 52 01COMMUNIQUE DE PRESSE
Les preuves s’accumulent ! D'abord cette communication de l'INRA publiée la semaine dernière. A la demande de l'ADEME, l'INRA a effectué une analyse de toutes les publications scientifiques existantes traitant de l'impact du Changement d'Affectation des Sols (CAS) sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) imputables au développement des agrocarburants. Selon cette analyse, les deux tiers des évaluations conduisent à des émissions de GES générées par la production des agrocarburants qui ne permettent pas d'atteindre les 35% d'émissions en moins par rapport aux carburants d'origine fossile, valeur limite exigée par la directive Energies Renouvelable de l'Union Européenne. Pour 25% d'entre elles, l'impact du CAS représente à lui seul plus que les émissions liées à l'utilisation des carburants d'origine fossile!
Ensuite cette autre étude que vient de publier un Institut indépendant Néerlandais (www.ce.nl(at)ce(point)nl) sur les bilans d'émissions de GES des agrocarburants. Cette étude indique que tous les carburants à base d'esters méthyliques d'huiles végétales, en particulier de colza, ont un effet négatif sur les GES, par rapport à l'utilisation du gasoil fossile, dès lors que le CAS est pris en compte!
Les objectifs que la Collectivité Nationale assigne aux agrocarburants sont d’une part la réduction des émissions de GES du secteur des transports routiers, et d’autre part la diminution de notre dépendance énergétique. Aucun de ces objectif n'est atteint, ni ne pourra l'être en poursuivant dans cette voie. Jusqu’à quand maintiendra-t-on un système qui est en train de faire la preuve de son inutilité et de son coût exorbitant ? En conséquence, il n'est pas envisageable de prolonger le plan "Bio"carburants au delà de la durée prévue initialement, en 2003.
L’agriculture paysanne répond naturellement au double objectif de diminuer notre dépendance énergétique tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Elle présente en plus le gros avantage de pouvoir nourrir la planète avec des produits sains et de qualité tout en préservant la nature et en permettant aux paysans de vivre dignement de leur métier.
Contacts Philippe Collin, porte parole : 06 76 41 07 18 Dominique Bouillet, commission énergie et changement climatique : 06 28 78 55 10 Patrick Sadones, Confédération paysanne : 02 35 37 35 08Hier, mercredi 28 mars, une cinquantaine de militants ont investi le luxueux siège parisien de Coop de France, pour dénoncer l’exclusion de la majorité des éleveurs de bovins du dispositif d’aide à l’engraissement des jeunes bovins de 60 euros/tête à partir de 50 bêtes/an, proposé par cet organisme, présidé par Philippe Mangin (FNSEA). Des paysans ariégeois en étaient ! Les CRS aussi !
Cécile Luttenschlager d’Orlu (membre du comité national de la Conf’) et David Eychenne (co porte-parole de la Conf’ ariège), ont participé à cette action pour dénoncer l’effet discriminatoire de cette aide, pourtant proposée par une structure censée, non seulement représenter tous ses adhérents (1 homme, 1 voix), mais aussi valoriser au mieux la production de chacun d’eux.
Or, jouant de la possibilité offerte par le bilan de santé de la PAC, de prélever un certain montant sur l’ensemble des aides des paysans d’un état pour le redistribuer différemment, Coop de France, dont nous avons un éminent représentant en ariège, en la personne du Président de la FDSEA a proposé, non pas de plafonner cette aide, mais d’y fixer un plancher d’un minimum de 50 bêtes engraissées (de 11 à 24 mois).
Sous prétexte de « professionnalisation », des paysans pénalisent la plupart de leurs collègues, notamment les naisseurs-engraisseurs, qui sans trop investir (en bâtiments et en nourriture) pourraient engraisser une partie de leurs veaux. Ce dispositif est clairement destiné aux gros ateliers d’engraissement, excluant de fait aussi les bœufs de 36 mois et plus, gage de qualité et surtout de consommation locale, contrairement aux JB principalement destinés à l’export !
Les paysans ariègeois, entre autres, chercheront en vain la cohérence entre les discours de leur président de la Chambre d’agriculture (Fdsea), visant à développer l’engraissement des broutards chez les naisseurs (majoritaires chez nous) et les propositions de leurs organes de tutelles où il a pourtant ses relais.
Nous réclamons l’égalité de traitement pour tous les éleveurs et donc un plafonnement de cette aide qui doit être activable dès les premiers animaux engraissés.
Nous invitons tous les éleveurs à demander cette aide de 60 euros/JB. La Confédération Paysanne attaquera les décrets d’application de cette loi. En effet, après avoir eu le ministre à temps partiel de l’Agriculture au téléphone, ainsi que Philippe Mangin, au téléphone lui aussi car occupé à Montpellier au congrès de la FNSEA, sa maison mère, aucune avancée n’a été obtenue. Pour seule réponse, le patron des coopératives paysannes a fait sonner la charge de quelques 150 CRS pour expulser « les crapules » (sic) des lieux !
La dernière étude de l’Inra sur les néonicotinoïdes confirme la nocivité de ces produits sur les abeilles. Depuis des années, les apiculteurs attendent d’être entendus, de nombreuses études étant déjà incontestables, pour reconnaître la nocivité de ces nouveaux pesticides et les interdire. Le ministère n’a opposé que mépris en continuant accorder des autorisations que le Conseil d'Etat à jugées illégales, à deux reprises pour ces poisons qui détruisent les abeilles et les apiculteurs qui travaillent avec.
En réponse, le ministère veut « lancer la procédure de réévaluation de l'autorisation de mise sur le marché du Cruiser OSR » !!!!!!!!!!!
Le thiamétoxam, matière active du Cruiser est classé cancérigène probable et perturbateur endocrinien aux USA et au Canada, alors que le Cruiser OSR est vendu en France sans aucune classification toxicologique.
Combien faudra-t-il de morts avant que l’on remette en cause les processus de mise en marché qui ne profitent qu’aux firmes de pesticides au détriment de la santé des paysans[i] et de l’équilibre de la faune et de la flore ? Que faut-il encore au ministère pour interdire immédiatement ces poisons à la veille des semis ? La confédération Paysanne exige l'interdiction immédiate de tous les insecticides systémiques de la même famille, les néonicotinoïdes.
Les décideurs auront un jour à répondre de leur complicité avec les intérêts des firmes devant tous les citoyens et les paysans.
Contacts : Philippe Collin, porte parole : 06 76 41 07 18 Jean Sabench, responsable de la commission pesticide : 06 73 91 23 78 Sonia Martaresche, responsable de la commission apicole de la: 06 80 59 26 22 Michel Uzan, Fédération Française des Apiculteurs Professionnels FFAP 06 88 57 48 84
[i]Selon l'ANSES, 2/3 des cancers développés par les paysans sont liés à l'utilisation des pesticides.
Bagnolet, le 16 mars 2012
La loi sur les retraites de novembre 2010 prévoyait une étude sur les incidences d'une éventuelle prise en compte des 25 meilleures années (comme pour le régime général). C'était une revendication du syndicalisme majoritaire, censée améliorer les retraites agricoles.
La Confédération paysanne, s'appuyant sur une pré étude de la MSA de 2006, avait dénoncé cette revendication trompeuse puisque ne bénéficiant qu'à une minorité de futurs retraités les mieux lotis, au détriment de la grande majorité. Le rapport de l'inspection générale des affaires sociales confirme cette perspective. "Les simulations réalisées montrent que les gains (sur le calcul des 25 meilleures années) sont très nettement concentrés sur les pensions les plus élevées, et, à l'opposé, suivant les scenarios retenus, des perdants, notamment parmi les pensions les plus basses".
La Confédération paysanne est confortée dans ses positions et dénonce la démagogie de ceux qui ont lancé une campagne de pétitions, bien qu'il s'agisse d'un leurre pour la très grande majorité des paysannes et paysans. Les retraites à 85 pour cent du SMIC, hommes et femmes, pour une carrière complète, restent la revendication de la Confédération paysanne et de ses partenaires. En attendant, priorité à l'amélioration des petites retraites par le renforcement de la PMR (pension annuelle majorée de référence de l’assuré), et proratisation sans décote pour les carrières incomplètes.
Contacts : Vincent Pennober, secrétaire national : 06 98 39 50 92 Christian Boisgontier, responsable commission retraites : 06 82 39 48 75 Jo Bourgeais, commission retraites : 06 73 22 33 77Communiqué de presse
Bagnolet, le 12 mars 2012
La Confédération paysanne appelle tous les éleveurs à constituer leur dossier d’aide et annonce qu’elle attaquera le décret d’application au Conseil d’Etat dès sa parution.
L’obligation de faire abattre au moins 50 animaux dans l’année est un seuil discriminatoire pour toutes les petites et moyennes exploitations, notamment les naisseurs-engraisseurs. L’obligation d’adhérer à une organisation de producteur et d’avoir contractualisé sur les jeunes bovins éligibles est une discrimination supplémentaire et un pas de plus vers l’intégration de l’élevage. Cette aide veut favoriser une industrialisation de la production au détriment de la viande de qualité (label, bio, génisses d'herbe, bœufs…) et du maintien des petites fermes.
Coop de France semble avoir oublié l’essence même de la coopération qui est de fédérer les éleveurs autour de la défense de leurs intérêts à tous sans distinction ni distorsion de concurrence.
La Confédération paysanne a choisi son camp: la défense de tous les éleveurs sans discrimination. Elle s'interroge également sur le fait que la FNB ait pu avaler une telle couleuvre au mépris de ses éleveurs naisseurs-engraisseurs.
Nous ne laisserons pas la coopération se fourvoyer et vendre les éleveurs à l’industrie !
Contacts : Gérard Durand - Secrétaire national en charge de l’élevage : 06 80 72 32 74 - durand.ge44(at)gmail(point)com Christian Drouin – responsable de la commission viande bovine Grand Ouest : 02 51 09 64 93 - 06 11 62 06 00 - christian.drouin0704(at)gmail(point)com Laurent Leray – Membre du Comité national en charge de la viande bovine : 02 33 38 83 44 - 06 71 59 19 62 - leray.laurent(at)hotmail(point)fr Sébastien Gardette – responsable de la commission viande bovine Centre/Sud : 04 73 68 44 29 - 06 70 37 89 05 - seb6326@msnBagnolet, 17 février 2012
Le rapport du député Nicolas Perruchot sur le financement des syndicats vient de paraître dans la presse. Les pratiques de la FNSEA y sont largement épinglées en particulier sur les cotisations obligatoires et les subventions déguisées. En voici quelques extraits pour se convaincre que les financements de la FNSEA sont très supérieurs à leur place réelle dans le monde paysan.
Concernant les adhésions forcées dénoncées par les autres syndicats agricoles, le rapport pointe le fait que « certains mécanismes de cotisations obligatoires indirectes, prélevées notamment par des coopératives au profit d’associations de producteurs qui en reversent le montant à l’organisation bénéficiaire, privilégient les adhésions aux syndicats dominants … et entretiennent ainsi la position de force de ceux-ci, tant sur le plan financier que sur celui de la représentativité. ». On lit plus loin que « l’adhésion au syndicat majoritaire se trouve-t-elle encore favorisée par son caractère incontournable dans la gestion des différents dispositifs d’aide aux agriculteurs ».
Autre problème pointé par le rapport : le soutien des Chambres d’agriculture (établissements publics financés par tous les agriculteurs) au syndicat majoritaire : « les chambres d’agriculture apportent donc bel et bien un concours matériel substantiel aux FDSEA, sans que ces subventions déguisées ne se trouvent valorisées dans les comptes ». Le rapport insiste : « De fait, la FNSEA et le Centre national des jeunes agriculteurs exercent une influence sans partage sur le réseau. Dans certaines situations, il en résulte une certaine confusion des genres assez troublante. »
La sécheresse de l’été 2011 a laissé des cicatrices très profondes dans le souvenir et le cœur des paysans, pas seulement du fait de la calamité mais également de par la gestion calamiteuse par la FNSEA des opérations dites de solidarité. D’ailleurs, le président de la FNSEA confesse lui-même quelques difficultés pour les sections départementales de la FNSEA dans la gestion du dossier paille au moment de la sécheresse de l’été dernier.
Les éléments qui sont consigné dans ce rapport mettent en évidence la mainmise du syndicat majoritaire sur l’agriculture, notamment en matière de financement : les moyens dont il bénéfice sont sans rapport avec son audience réelle. Quand un syndicat bénéficie de tous ces mécanismes, sur lesquels l’administration ferme trop souvent les yeux, c’est que la démocratie n’est pas respectée.
Contact: Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18Bagnolet, 16 février 2012
La Confédération paysanne déplore le laxisme du gouvernement qui depuis le 28 novembre 2011 laisse faire la distribution des semences de MON 810 chez les quelques exploitants jusqu’au-boutiste qui, à l'appel du président de la FNSEA, ont déclaré leur intention de tout faire pour planter des OGM en 2012.
La Confédération Paysanne a décidé de soutenir la "clause de sauvegarde" promise par le gouvernement si elle est attaquée devant les tribunaux. Elle déplore cependant que le ministre de l’agriculture s’interdise l’utilisation d’arguments juridiques suffisamment solides pour empêcher son éventuelle annulation rapide. C'est pourquoi elle demande au gouvernement d'appliquer la loi sur les OGM votée par le Parlement en 2008 qui exige que les cultures OGM respectent les structures agricoles et les productions sans OGM. Conformément à la règlementation européenne qui autorise les États à prendre des mesures pour éviter la présence fortuite d'OGM dans les productions conventionnelles, le Ministre de l'Agriculture doit compléter le projet d'arrêté sur la coexistence qu'il a envoyé à Bruxelles le 19 janvier, en interdisant la culture de maïs MON 810 dans toute zone où se trouvent des ruches, des maïs bio ou sans OGM, ou des maïs "populations" que les agriculteurs reproduisent chaque année à partir de leur propre récolte.
Monsanto a commis une grave erreur en ne demandant pas d'autorisation pour la consommation humaine du pollen de maïs MON 810. En conséquence, tout miel contenant le moindre grain de pollen MON 810 doit être détruit comme un déchet toxique. En cas de culture de cet OGM, les apiculteurs ne pourront plus exercer leur métier et les plantes sauvages ou cultivées dépendant de la pollinisation des abeilles ne pourront plus se reproduire. Par contre, une interdiction du MON 810 n'interdira à aucun maïsiculteur d'exercer son activité avec l'une des multiples variétés de maïs conventionnel à sa disposition, ni d'obtenir avec ces variétés des rendements records comme ce fut le cas en 2011. Cette interdiction est la seule mesure équitable, proportionnée et efficace à la disposition du gouvernement.
La Confédération Paysanne assumera ses responsabilités pour défendre les paysans conventionnels et sans OGM qui se verraient privés du libre exercice de leur métier par les cultures OGM.
Contacts: Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18 Guy Kastler, commission OGM : 06 03 94 57 21Bagnolet, 13 février 2012
La Confédération paysanne se félicite de la décision du TGI de Lyon qui condamne Monsanto à indemniser entièrement Paul François, céréalier de Bernac (Charente) aujourd'hui âgé de 47 ans et invalide.
Cette invalidité fait suite à une intoxication au lasso, pesticide de Monsanto dont la toxicité avait déjà été suspectée dès les années 1980 ! Une première victoire avait été de faire reconnaître sa maladie comme une maladie professionnelle. La deuxième victoire est de condamner le fabricant de pesticide à l’indemniser.
Mais, pour une victime reconnue, combien de paysans sont malades et non indemnisés ? Combien de paysans souffrent de devoir utiliser des produits qu’ils savent dangereux ? Combien de victimes n’ont pas le courage de se lever face au système et à une société qui demande toujours plus de produit, plus de rendement, plus de compétitivité ?
Les pesticides sont avant tout un problème de santé publique, un problème de santé pour les paysans et les consommateurs. La Confédération paysanne espère que ce jugement mettra les firmes agrochimiques et les pouvoirs publics en face de leur responsabilité : non, l’environnement, cela ne commence pas à bien faire !
Contacts: Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18 Jean Sabench, commission pesticides : 06 73 91 23 78Le 2 février 2012,
C O M M U N I Q U E D E P R E S S E
Fin janvier, Bruno Le Maire a notifié à la Commission européenne un projet d’arrêté visant à définir les conditions de la coexistence. Ce texte, téléchargeable sur le site de la Commission européenne1, confirme les craintes des organisations paysannes, apicoles et environnementales : Bruno Le Maire a choisi son camp, celui de la contamination par les OGM !
Certains membres du gouvernement ont avoué la fragilité du moratoire devant les juridictions, et cela signifie que des cultures d’OGM pourraient intervenir en avril ou en mai. Malgré cela, Bruno Le Maire organise la coexistence la plus laxiste d’Europe. Le texte prévoit pour le maïs :
Au choix, 50 mètres entre une parcelle GM et une culture non GM interféconde ou « l’implantation (…) d’une bordure d’une largeur minimale de 9 m constituée d’une variété de maïs non génétiquement modifié » ;
Pas une ligne pour protéger l’apiculture (pour rappel, du miel contenant du pollen de maïs MON810 est invendable puisque Monsanto n’a pas demandé d’autorisation de ce pollen dans l’alimentation humaine2) ;
Pas une fois n’est mentionnée l’agriculture biologique ;
Rien n’est dit pour éviter les contaminations des variétés locales de maïs population, dont les agriculteurs ressèment chaque année une partie de leur récolte ;
L’étiquetage « sans OGM », qui vient de faire l’objet d’un décret3 ne bénéficie d’aucune protection particulière ;
Aucune explication n’est fournie quant à l’absence de prise en compte des recommandations du CEES du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB) – en, l’espèce ce sont plutôt les préconisations de l’Association générale des producteurs de maïs qui ont été suivies.
Si ce projet était définitivement adopté, il signerait l’arrêt de mort de l’apiculture française, de l’agriculture biologique et des semences paysannes. Nous dénonçons ces mesures en faveur d’une coexistence qui signifie la fin des filières agricoles et apicoles de qualité, cohérentes avec un développement soutenable. Nous dénonçons le double-langage du gouvernement : d’un côté, il n’a de cesse de répéter qu’il adoptera un moratoire et de l’autre, il prépare en sous main la culture hégémonique du MON810. Avons-nous encore besoin de rappeler que les Français n’en veulent pas ?! Il est inadmissible que le gouvernement se soumette au lobby au détriment des promesses faites aux citoyens !
Nous demandons instamment le retrait de ce projet de texte et l’application de la loi sur les OGM que le gouvernement a lui-même faite voter en 2008. La mise en œuvre de la loi passe par l’interdiction de la culture des OGM dans toute zone à proximité de ruchers, de cultures bios et de maïs population. Dans ce double-jeu pré-électoral, les citoyens, l’agriculture bio et l’apiculture ne seront pas les dindons de la farce.
CONTACTS Confédération Paysanne : Guy Kastler, 06 03 94 57 21
Foix le 16 Janvier 2012
COMMUNIQUE DE PRESSE
Le Président Sarkozy vient en Ariège présenter ses vœux au monde agricole et rural dans un tourbillon évènementiel qui caractérise ses déplacements. C’est l’occasion, pour le Président de la chambre départementale de lui présenter une belle vitrine de l’agriculture locale. Ne faisant pas partie des représentants syndicaux triés sur le volet pour présenter l’agriculture ariégeoise à cette occasion, nous sommes tout de même rassurés. En effet, quoi de mieux que la fougue de nouveaux convertis pour promouvoir la taxe Tobin et les SCOP pour l’un et les filières locales, l’agriculture biologique, les productions à forte valeur ajoutée,…
Souhaitons pour 2012 que la FNSEA/UMP continue sur cette belle lancée, en plafonnant les aides publiques par actif agricole, en durcissant les réglementations sur les pesticides, en abrogeant la récente loi sur la protection des semences, en soutenant les outils de transformation de proximité, notamment les abattoirs, par exemple celui de Saint-Girons, en refusant la contractualisation à tout va, en remettant en place des outils publics de régulation des marchés, en reconduisant le moratoire sur les OGM…
La confédération paysanne se félicite que les décideurs, politiques comme agricoles, locaux comme nationaux, s’approprient les thèmes qui lui sont chers depuis sa création dans un langage qui est bien nouveau pour eux. Mais, elle souhaite rappeler, en cette année électorale, à ceux qui sont en charge de l’agriculture et du monde rural aujourd’hui et à ceux qui pourraient le devenir demain, qu’elle sera vigilante à ce que tous ces vœux ne restent pas que des mots !
Puisque c’est de saison, la Confédération Paysanne souhaite exprimer tous ses vœux de bonheur familial à nos deux présidents sortants et surtout que l’un comme l’autre puissent profiter pleinement de leurs jeunes enfants le plus rapidement possible…
Bagnolet, le 17 janvier 2012
COMMUNIQUE DE PRESSE
Cette année, Nicolas Sarkozy a choisi l’Ariège pour présenter ses vœux au monde rural. En outre, ses vœux seront placés sous le signe de l’agriculture biologique, avec la visite d’une cantine qui travaille avec des produits bio. A cette occasion, le Président fera la promotion des circuits courts, qui permettent de sécuriser les revenus des agriculteurs et d'assurer une alimentation de qualité. Bref les vœux présidentiels auront cette année un goût de relocalisation, ce dont la Confédération paysanne se réjouit puisque la Confédération paysanne se bat depuis plus de vingt ans pour que les gouvernants intègrent cette notion dans les politiques publiques de l’agriculture.
Seulement voilà. Il y a l’agriculture dont le Président aime parler, cette agriculture qui fleure bon le terroir, la qualité et la proximité. Et, il y a l’agriculture que le Président soutient : une agriculture industrielle, qui « doit gagner en compétitivité », productiviste, exportatrice. En effet, début mars 2008, les bénéfices du bilan de santé de la PAC (les renégociations à mi parcours) en termes de redistribution vers les petites et moyennes fermes sont totalement anéanties par la décision présidentielle de … ne rien faire qui pourrait gêner les céréaliers. Autre exemple, début 2012, la contractualisation, censée sécuriser le revenu des éleveurs, va aboutir au fait que les laiteries décideront qui sera collecté, quand, comment et à quel prix : une conception étrange de la sécurité. Dernier exemple en date : le Président favorise certaines structures d’engraissement en octroyant une aide aux seuls ateliers de plus de 50 places. Sans parler du projet des « mille vaches en Picardie » qui est aux antipodes de l’agriculture relocalisée dont le Président va faire la promotion.
On le voit, point de circuits courts, point de soutien aux petites et moyennes fermes dans tout cela. Des discours aux actes, il y a un pas que le Président n’a pas encore franchi et la Confédération paysanne aurait été très heureuse de lui proposer quelques pistes concrètes pour soutenir cette agriculture qui semble le faire rêver et dont nous avons tous besoin.
Seulement voilà. Le Président ne nous a pas invités faisant preuve d’un mépris peu compréhensible pour le deuxième syndicat agricole de France qui représente 20% des agriculteurs.
Contacts Philippe Collin, Porte-parole : 06 76 41 07 18 Marie-Noëlle Orain, Secrétaire générale : 06 07 85 95 83Bagnolet, le 9 janvier 2012
COMMUNIQUE DE PRESSE
Vendredi 6 janvier, les apiculteurs de la Confédération Paysanne ont investi avec leurs ruches le site de Monsanto à Monbéqui dans le Tarn et Garonne. Plus de 150 paysans et citoyens les ont accompagnés toute la journée. Par ce premier avertissement, ils sont venus dire à Monsanto : si tu veux interdire à nos abeilles de butiner dans les champs, nos abeilles t'interdiront de trafiquer dans tes laboratoires.
En effet, tout miel contenant le moindre grain de pollen de l'OGM MON 810 est désormais interdit à la vente et doit être détruit. Le Conseil d’État a levé fin novembre le moratoire interdisant la culture de cet OGM. Le compte à rebours infernal est enclenché : en janvier, les OGM sont distribués dans les fermes pour être semés au printemps. En juillet les abeilles devront quitter tous les départements où fleurit le maïs, soit la quasi totalité du territoire français. Les apiculteurs feront faillite, les cultures et les plantes sauvages qui ont besoin d'être pollinisées par les abeilles ne se reproduiront plus. Le gouvernement ne doit pas se contenter de promulguer un moratoire qui risque d’être cassé en 15 jours.
Le gouvernement doit appliquer la loi française qui précise que « les OGM ne peuvent être cultivés, commercialisés ou utilisés que dans le respect de l'environnement et de la santé publique, des structures agricoles, des écosystèmes locaux et des filières de production et commerciales qualifiées "sans OGM" ». Il peut aussi appliquer la règlementation européenne qui autorise les États à « prendre des mesures nécessaires pour éviter la présence d'OGM dans d'autres produits », y compris en « interdisant la culture d'OGM sur de vastes territoires ». La « liberté de produire des OGM » ne permet en effet pas d'interdire à ses voisins de continuer à exercer leurs activités. L’impossibilité de la coexistence a été prouvée avec la pollution du miel par un simple essai OGM en Allemagne !
Le gouvernement doit interdire immédiatement toute cession, toute vente et toute culture de MON 810, sans attendre que les sacs de semences soient dans les fermes prêts à être semés. La Confédération Paysanne ira vendredi 13 janvier au Ministère de l’Écologie, avec l'Union Nationale de l'Apiculture Française, pour vérifier que le gouvernement tient ses engagements.
Bagnolet, le 21 décembre 2011
Communiqué de presse :
Le 16 décembre 2011, la Cour de cassation a décidé de transmettre au Conseil Constitutionnel, la Question Prioritaire de Constitutionnalité portée par le Comité d’Action des Vignerons De Bordeaux.
Cette transmission démontre parfaitement l’insécurité juridique qui affecte les Cotisations Volontaires Obligatoires et le fonctionnement de la quasi-totalité des interprofessions françaises.
Le Conseil Constitutionnel, mais aussi les juges européens auront à se prononcer sur la licéité des CVO postérieures à leur notification à la commission Européenne, en novembre 2008.
Quant aux CVO antérieures à décembre 2008, prélevées avant la notification de leur usage à la commission Européenne, leur licéité parait encore plus compromise.
C’est l’intransigeance de la FNSEA et des sections spécialisées, opposées à l’ouverture du collège producteurs des interprofessions françaises, qui est directement responsable des recours judiciaires qui sont intervenus.
A l’heure où la contestation des CVO s’étend et marque des points, il faudra se souvenir que certains ont préféré la mort d’un système à son évolution.
La Confédération Paysanne, qui a toujours revendiqué le droit de représenter les producteurs au sein des interprofessions, continuera à soutenir ceux qui s’opposent à l’impôt déguisé que sont les CVO.
Contacts : Claire Laval, vigneronne du Comité National de la Confédération paysanne et membre du CAVB : 05 57 51 17 40 Marie-Noëlle Orain, Secrétaire Générale de la Confédération paysanne : 06 07 85 95 83 Jacques Bonati, juriste de la Confédération paysanne : 06 21 59 48 75
Communiqué de presse. Bagnolet, le 21/12/2011
Sans attendre la publication du décret sur les Organisations de Producteurs, BLM assiste ce 20 décembre en catimini, en pleine fêtes de Noël, à la Maison du Lait à Paris, à un simulacre de relation contractuelle. Il vient y cautionner un contrat cadre entre Senoble et des groupements de producteurs. Dans cette contractualisation verticale le prix et les volumes seront gérés par les entreprises, le pouvoir de négociation des producteurs restera marginal.
Qui est ce ministre qui disait vouloir conforter le pouvoir des producteurs en leur donnant les moyens de se regrouper massivement pour faire face aux industriels ?
Belle démonstration de double langage !
Il se positionne ainsi en fossoyeur des producteurs de lait qu’il asservit aux industriels dans des contrats faits en fonction de leurs seuls intérêts.
Toute la défense syndicale pour la maitrise de la production et le revenu des producteurs est à reconstruire.
Merci Monsieur le Ministre !!!!!
Contacts :Communiqué de presse. Lundi, 19 Décembre 2011.
Malgré une forte mobilisation paysanne et citoyenne le 28 novembre 2011, l'Assemblée Nationale a adopté en l'état la proposition de loi sur le Certificat d'Obtention Végétale.
L'important rassemblement du 28 novembre à Paris (devant l'Assemblée Nationale) montre l'intérêt des paysans et des citoyens à défendre les semences de ferme et à protéger le vivant.
Les médias ont largement repris nos revendications. La Confédération paysanne remercie toutes celles et tous ceux qui ont su, à Paris et en région, se mobiliser en quelques jours pour alerter nos députés sur l'intérêt de refuser ce projet de loi. Elle remercie également les députés qui se sont battus contre cette loi en rejoignant un mouvement populaire de contestation.
La proposition de loi relative aux COV qui avait été votée en première lecture au Sénat le 13 juillet 2011 est donc adoptée dans la loi française.
La Confédération paysanne refuse la soumission des paysans aux groupes semenciers et remet en cause l'influence de l'industrie semencière qui utilise le patrimoine végétal sans n'avoir rien reversé aux paysans et qui exige aujourd'hui des royalties auprès des agriculteurs qui les utilisent.
Cette loi participe en outre à la précarisation de l'activité agricole dans une période de crise et de fragilité économique en sacrifiant les paysans et notamment les éleveurs dont les revenus sont les plus bas, au profit de l'agro-industrie.
La Confédération paysanne combat l'idée, celle du gouvernement et les élus de la majorité présidentielle que les intérêts privés de l'industrie semencière sont prioritaires sur ceux des paysans. Les droits des paysans de ressemer et d'échanger leurs propres semences s'inscrivent dans un droit collectif qui fait obstacle à la confiscation de toutes les semences et soutient le droit à la souveraineté alimentaire. Ce droit ancestral est indispensable à l'autonomie des fermes et à l'adaptation des cultures aux changements climatiques et à l'environnemental local.
Nous appelons les candidats aux élections présidentielles à défendre ces droits fondateurs des agriculteurs en désapprouvant cette loi et à s'engager à l'abroger. Nous sommes favorables au dépôt de motions en Chambre d'Agriculture et auprès de groupe d'élus et associations pour refuser cette loi inique.
Les paysans et citoyens-consommateurs, soucieux du contenu de leurs assiettes et de la préservation du patrimoine végétal seront invités à nous rejoindre au cours de nos actions de désobéissance civile dans les prochaines semaines.
Communiqué de presse, 13 Décembre 2011.
Depuis le premier novembre, les paysans doivent alimenter leurs tracteurs avec du GNR. La solution qui a été retenue est de fournir un « gasoil non routier » contenant des agrocarburants.
Les agrocarburants viennent d’être pointés du doigt par Bruxelles car ils ne procurent pas du tout les bénéfices environnementaux qu’ils promettaient. La culture massive des agrocarburants modifie l’usage des sols au détriment des cultures alimentaires. Cette solution retenue pour le bien être de la filière Sofiprotéol (dont le président est Xavier Belin) présente de nombreux inconvénients pour les paysans :
Or une autre solution existe sur le marché des carburants le « GNR zéro », ne contenant pas d’EMAG et respectant la directive européenne2009/30 qui impose une teneur inférieur à 10ppn de soufre Mais ce produit hélas n’existe quasiment pas sur le territoire puisque les pétroliers ont été « contraints d’incorporer des agrocarburants dans le GNR. » Il est donc urgent de permettre aux paysans de disposer sur tout le territoire de ce fameux « GNR zéro »